ãÔÇåÏÉ ÇáäÓÎÉ ßÇãáÉ : le rapport professionnel:administration/enseignant
khalid amzil
11-04-2009, 13:18
L'école est un temple de savoir et un levier de transmission de valeurs de démocratie,de citoyenneté,de tolérance et de paix.Dans le dessein de réussir cette mission,le rapport professionnel entre le personnel éducatif et le chef de l'établissement doit impérativement reposer sur le respect mutuel,la communication et la concertation.Au sein de plusieurs institutions scolaires,on a tendance à enregistrer un regain de tension et de conflit opposant ces deux partenaires,censés donner l'exemple aux apprenants.Force est de noter que le rapport tendu incombe à un manque de dialogue constructif,à une ignorance flagrante des dispositions de la législation en vigueur,à une mentalité autocratique et derective qui continue à sévir malgré un appel incessant à l'adoption du nouvel concept de l'autorité et de la prestation de service de proximité.Inutile de s'attarder sur la portée d'un rapport professionnel solide fondé sur le respect mutuel,la coordination et la quête indéfectible d'un rapprochement des positions pour le bien-être et l'efficacité du rendement scolaire.Avotre avis quelles sont les causes de cette montée de la violence professionnelle,quel est son impact sur le fonctionnement de la scolarisation et quelles solutions preconisez-vous pour pallier ce dysfonctionnement?Le débat est ouvert,à vos plumes pour enrichir les axes de ce débat que nous voulons constructif et civilisé.
aziz-kaf
11-04-2009, 16:31
Comme à l'accoutumée, si Khalid, en pionnier, tu proposes des sujets d'actualité éducative. Merci.
Actuellement, les relations au sein des établissements tendent à devenir conflictuelles et frontales, nonobstant les potentialités communicatives que permet le progrès des médias. Si le constat est là, les causes, à ma connaissance, ne font l'objet que d'analyses impressionnistes qui frôlent l'artifice, et l'on ne recueille, assez souvent, que des stéréotypes, des idées reçues, répétées ça et là sans esprit critique; Par conséquent, toute tentative de proposer des solutions ou des éléments de réponses ou des réflexions susceptibles d'engager une recherche de redressement reste sans suite.
A mon humble avis, il existe quatre raisons majeures à ces conflits entre l'administration et les enseignants:
Primo, l'ignorance des textes législatifs réglementant les relations au sein des établissements que chacun doit respecter pour le déroulement normal du service public. Les relations humaines, qui doivent certainement unir les différents acteurs, ne doivent pas être un pretexte pour ne pas appliquer les réglements en vigueur. Il ne suffit pas que le directeur ait été enseignant pour qu'il couvre ces derniers quand ils sont dans l'erreur parce qu'il est tout simplement tenu par d'autres textes juridiques.
Secundo, chaque fonctionnaire est régi par ce que les philosophes des lumières appellent: la raison publique et la raison privée. En fonction de la raison publique, l'on doit accomplir un devoir même si on n'est pas d'accord avec son principe, même si on ne l'aime pas, ...en revanche, suivant la raison privée, on a le droit, en dehors de l'établissement, de le critiquer, de proposer des substituts dans la presse, au sein d'associations, former des groupes de pression pour le modifier.... Au sein des établissements, on fait l'amalgame de ces deux raisons: on passe vite à l'acte même sans l'accomplissement du devoir.
Tertio, on ne distingue jamais la personne de la fonction, quand on critique, on fustige les deux, quand on réagit, on met les deux dans le même sac; l'enseignant est dans l' établissement en tant qu'enseignant et pas en tant que personne (il n'est pas obligé par exemple de rendre des comptes sur sa vie privée, mais il l'est de sa vie professionnelle); et le chef d'établissement est là en tant que chef d'établisement et pas en tant qu'entité autre. Quand on vit des conflits au sein des établissements, on cherche généralement à blesser, à dégrader la personne et l'on n'essaie pas de critiquer la fonction en vue d'en perfectionner le fonctionnement.
Quarto, l'échec dans la gestion des différends et des conflits: il suffit d'un petit malentendu pour qu'il n' y ait plus de salamalecs, plus de regards, plus de coordination et pour qu'il y ait, à la première occasion, la propension à la vengeance... est-ce un manque de formation? est-ce un manque de valeurs? est-ce lié au conflit de générations?
amina abdallaoui
11-04-2009, 17:50
Fidèle à vos sujets fructueux,vous mettez au menu ,comme débat, un sujet que je qualifierai d'épineux car il relève de relation entre corps enseignant et administration.Aussi,je rejoins monsieur Aziz
amina abdallaoui
11-04-2009, 18:01
dans les idées qu'il a relaté et j'ajouterai que la relation chef d'administration et enseignant doit rester conforme aux législations claires et sans ambiguités...or dans la plupart des cas les deux parties y mettent du leur...et le conflit si conflit il y'a devient une affaire personnelle qu'on régle à coups de magouilles et de prises de tête qui n'en finissent plus...je parle ici en connaissance de cause.Et je crois fermement que dans la majorité des cas c'est l'enseignant qui est victime d'abus de pouvoir,non pas que je veuille prendre la défense de l'enseignant,car lui aussi a sa part de résponsabilité,mais je pense,qu'on ne donnerait pas justice à un subalterne au profit de son chef quelque soit la raison.merci.Et désolée pour la coupure du texte,c'était hors de ma volonté.
amina abdallaoui
11-04-2009, 18:12
!Je n'ai pas encore fini
je voulais ajouter ,qu'il est inadmissible qu'on alloue le poste de chef d'administration,de la façon dont se déroulent actuellement les choses,basée sur le nombre de notes et de plusieurs critères tous aussi lunatiques que les autres...un concours devrait etre ouvert à tout enseignant méritant,et une forte sélection devra etre de rigueur,suivie d'une formation solide
khalid amzil
11-04-2009, 18:16
Merci pour votre intérêt accru à ce thème d'une brulante actualité qui vise à mettre le doigt sur les causes de ce conflit opposant les deux principaux acteurs de l'établissement pédagogiques à savoir le leader administratif et le professeur,un conflit qui a pris ces dérnières années des dimensions alarmantes.Les causes avancées par monsieur aziz sont indéniables.J'ajoute des éléments qui contribuent à la montée en force de ce rapport conflictuel.Le monde a changé,la société marocaine a connu des changements significatifs,mais le métier d'enseignant et du directeur a stagné.Aujourd'hui,l'école pour s'acquitter convenablement de sa mission et être capable de relever les multiples défis,doit compter sur deux moyens incontournables:les moyens humains et financiers.Concernant les ressources humaines,nos locaux scolaires souffrent d'un handicap majeur.La majorité des directeurs ne disposent pas de qualités gestionaires et managériales suffisantes pour mener à bon port ce navire de la réussite pédagogique.La faute n'incombe pas aux chefs d'établissement,elle est assumée par le ministère de l'éducation nationale qui doit remettre en cause les critères d'attribution de ce poste.Pour briguer ce poste,le futur directeur doit disposer des qualités humaines et professionnelles à même d'accompagner le nouvel élan réformateur préconisé par les autorités pédagogiques centrales.
khalid amzil
11-04-2009, 18:24
Il n'en demeure pas moins vrai que l'enseignant contribue inévitablement à ranimer ce climat de tension qui affecte nos espaces pédagogiques.Un professeur qui ne respecte pas son supérieur,qui n'assume pas ses responsabilités,qui ne s'acquitte pas de son devoir,qui n'est pas motivé enraison des conditions pécuniaires et matériels défavorables...un homme ou une femme de cette trempe qui n'est pas engagé et impliqué davantage dans une démarche participative et partenariale constitue un danger réel.
amina abdallaoui
11-04-2009, 18:44
je vous le concède...mais un chef d'administration devrait faire preuve de flexibilité car il est sensé gerer des relations complexes ou la communication objective et neutre de toute intervention émotive doit etre de rigueur
aziz-kaf
11-04-2009, 18:47
vous l'avez bien dit, Amina et Khalid: on passionnalise et on personnalise trop les conflits. Les problèmes sont au départ purement administratifs ou fonctionnels, mais vite deviennent personnels et sont empreints de beaucoup de passion, surtout lorsque d'autres partenaires, au lieu d'intervenir pour la réconciliation, attisent les haines en fonction d'autres agendas.
Mais, je pense que d'une part si les différents acteurs pédagogiques accomplissent leurs devoirs comme il faut et se soumettent à la législation quel que soit son impact-positif ou négatif-, et que d'autre part, comme vous l'avez souligné, si les chefs des établissements bénéficient de formations adéquates à leurs missions surtout en communication et en gestion des crises, il y aura moins de tensions et moins de confrontations-.
khalid amzil
12-04-2009, 11:09
Merci amina pour votre aimable intervention.Effectivement le conflit entre le leader administratif et le professeur doit céder la place à une communication constructive,un dialogue lucratif et une concertation permanente en vue de créer les conditions idoines à un enseignement/apprentissage qualitatif et à un rayonnement effectif de l'éspace pédagogique en vue de pousser à la roue les deux partenaires de l'éducation.Quand le rendement et la productivité se manifeste au sein de l'école,on se rend compte que les deux acteurs ont mis la main dans la main pour savourer conjointement ce résultat bénifique
amina abdallaoui
12-04-2009, 11:22
Il faudrait penser aussi à soulever le sujet de la relation entre enseignants et inspecteurs...qu'en pensez vous monsieur Amzil ?
khalid amzil
12-04-2009, 13:45
Je trouve votre proposition pertinente et mérite d'être soulevé.Le rapport entre l'enseignant et son encadreur est régie par les dispositions et la réglementation en vigueur.L'encadreur est tenu de rendre visite au professeur en vue de contrôler son action pédagogique et le degré de son respect de ses engagements professionnels.Un contrôle qui vise au préalable les performances réalisées,la qualité de l'effort fourni,mais aussi relever les difficultés rencontrées en vue d'avancer des pistes à emprunter et mettre en place des sessions de formation qui reposent sur les priorités enregistrées.La visite de l'inspecteur est une occasion propice pour engager un réel débat avec l'enseignant afin de mettre le doigt sur les dysfonctionnements et tirer profit des actions entreprises par des professeurs qui font preuve d'innovation et de renouvellement.La visite d'inspection ne doit pas à mon humble opinion dégénérer pour déboucher sur des directives imposées et une ligne pédagogique et didactique à adopter.Le temps des directives est certes révolu,place aujourd'hui à un débat civilisé et passionné entre un encadreur qui fait preuve d'ouverture d'esprit et de flexibilité,et un professeur dévoué en vue de rendre la classe comme un espace d'échange et de partage
aziz-kaf
16-04-2009, 19:25
Pour présérver la qualité de cette page, je réhabilite les écrits de qualité
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