![]() |
Le m'sid
J'étais parmi les râres filles de notre petite ville , qui allaient chaque matin à l'école coranique.En fait , ce n'était vraiment pas une école dans le vrai sens du terme, c'était une petite pièce exigue au plafond très bas, qui jouxtait la grande mosquée.Elle sentait toujours le renfermé et les vieux livres. Moulay ALI le fkih, un homme borgne aux multiples djellabas superposées et au turban blanc immaculé, était un ami à mon père.Ce lien d'amitié qui les unissait ne m'épargnait en aucun cas les douloureux coups de baguette que je reçevais à l'improviste sur ma tête, quand il remarquait que je trébuchais sur mes versets. Chaque fin de mois ,mon père me donnait un pin de sucre, en guise d'offrande au fkih et ce cadeau n'avait pas le pouvoir de trop me protéger de la tyrannie de mon maître. Nous commençions toujours la séance d'apprentissage par un ménage de fond en comble de notre salle de cours, sous l'unique oeil vigilant de moulay ALI qui pointillait sur les menus détails...du bout de sa baguette ,il nous rappelait à l'ordre qu'on avait feint d'ignorer une toile d'araignée par là ,un grain de poussière par ci. Une fois les tapis d'osier qui nous servaient de bancs d'écoliers, secoués avec le même baton qui nous bastonnait,on les remettait à leur place.On s'alignait alors en file indienne devant la porte de la pièce où le fkih se mettait au beau milieu ,en portrait menaçant grandeur nature. Nous devions passer l'un après l'autre,embrasser sa grosse main velue,pour reçevoir sa haute bénédiction avant de rejoindre nos places pour entamer la nouvelle phase de mémorisation d'un autre verset de coran. Chaque matin le même scénario se repétait avec ,le même ménage,,la même main dodue velue, la même angoisse que nous refoulions quand la fine baguette venait s'abattre sur nos têtes. Notre plus grande joie provenait d'un cri que lançait moulay ALI à notre encontre...TAHRIRA ! et c'était la ruée frénétique vers la porte de sortie, vers la liberté...non sans oublier d'embrasser la grosse main tendue au passage. |
Je me rappelle toujours du jour où mes parents ont décidé de m’inscrire au msid,c'est une chambre au coin de notre rue,,... pour la plupart des enfants de notre quartier le msid est un lieu hostile et toujours associé à l’image d'un fkih autoritaire qui n'hesite pas de lancer avec sa longue baguette des coups à ses élèves. j'avais la peur envers lui. Ces yeux lançaient constamment des flammes de colère. Il était trop sévère.j'ai passé une seule semaine dans le m'sid et j'ai pris la fuite, mais comme j'ai des parents compréhenssibles ils n'ont pas insisté pour mon retour au msid, et ils m'ont inscrit dans une autre école préscolaire. J'en ai gardé de beaux souvenirs même je ne suis pas dépassée une semaine http://media.paperblog.fr/i/72/724260/msid-L-2.jpeg. les m'sids sont remplacés par les maisons du Coran, aprés l'école je vois pas mal des enfants qui partent pour apprendre le coran dans ces maisons Merci ma chère *Amina* d'avoir pensé à partager avec nous tes souvenirs ce sont des souvenirs inoubliables |
Merci Amina pour ce retour à l'enfance et merci pour la diversification de tes écrits qui touche à tous
|
Merci amina.Votre magnifique récit relate une expérience enrichissante qui a forgé votre personnalité.Il s'agit d'emblée de ce deuxième berceau fréquenté inlassablement par une multitude d'enfants en vue d'apprendre le "parcoeurisme".En un mot,ces enfants qui se rendent chaque matin à cette pièce exigue,pourvu d'un stylet,d'un encrier ou d'un pot d'encre et d'une planche en bois en guise d'ardoise,sous la supervision d'un vieillard sage,doté d'une baguette,en vue de corriger un enfant qui vient de commettre une faute de prononciation.En fait,on ne badine pas avec la religion.Chaque mot et chaque son a une place sacrée que les enfants sont tenues de respecter,si non les coups pleuvaient.Les bambins assis à même le sol sur une natte usée,calligraphient les versets coraniques et les répetaient devant le regard autoritaire du taleb".Une expérience riche et passionnante qui nous plonge dans cet univers d'enfance pour se remémorer un petit pan de notre vie d'antan
|
ÇÞÊÈÇÓ:
|
ÇÞÊÈÇÓ:
MERCI monsieur AMZIL? toujours présent par vos remarques élégantes et éloquentes.Mais je vais finir par ennuyer le lecteur par mes airs nostalgiques qui ne sont plus d'actualité, si je continue ainsi. |
ÇÞÊÈÇÓ:
|
vos récits sont si vivaces qu'ils rendent compte d'une scène vive, comme si on était devant une succession d'images en blanc et noir. Amina, vous nous gratifiez avec vos récits d'enfance, qui sont, dans une certaine mesure, les nôtres. Je ne m'ennuierai jamais de vous lire.....Je me revois dans le jamaâ (la mosquée-c'est comme ça qu'on l'appelait chez nous) en train de psalmodier quelques versets du coran bien que je n'en aie passé que quelques jours.
Le retour à l'enfance est une réaction ontologique ordinaire qui nous permet d'abord de comprendre les bambins que nous côtoyons et ensuite de bénéficier d'une certaine catharcis psychologique, indispensable à la vie, , |
Merci Amina pour ce feed-back. Vous avez une bonne mémoire. Je me souviens de deux choses: j'ai passé un an au M'sid qui se trouvait au coin de la rue et du feu le fkih avec son ventre gros et rond qui me mettait face à lui puisque j'étais très petite (4ans). Enfance pleine de souvenirs , bons enseignants, bons voisins, bons amies.....etc bonnnnnnnnnnnnnne nuuuuuiiiiiiiiiiittt pour tous |
| ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 17:31 |
Powered by vBulletin® Copyright ©2000 - 2026, Jelsoft Enterprises Ltd
ÌãíÚ ÇáÍÞæÞ ãÍÝæÙÉ áãäÊÏíÇÊ ÏÝÇÊÑ © 1434- 2012 ÌãíÚ ÇáãÔÇÑßÇÊ æÇáãæÇÖíÚ Ýí ãäÊÏì ÏÝÇÊÑ áÇ ÊÚÈÑ ÈÇáÖÑæÑÉ Úä ÑÃí ÅÏÇÑÉ ÇáãäÊÏì Èá ÊãËá æÌåÉ äÙÑ ßÇÊÈåÇ