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jeronemo 08-06-2009 22:28

Jeunesse perdue
 
Ami, si je te parlais de ma jeunesse, e
D’un temps insensé et des chemins perdus
Dans les lointains déserts sans cesse. e
Qu’auriez-vous répondu ? e
Je n’ai jamais goûté la saveur d’une rose, e
Ni la fraîcheur d’une seule nuit de printemps. e
L’azur des cieux me paraissait souvent morose
Et les oiseaux ne chantaient plus depuis longtemps ! e

J’aimais me promener, seul, dans le cimetière, e
Où l’épais brouillard me couvait parmi les morts, e
Qui, dans le silence éternel me confiait leur misère, e
D’une voix si calme qu’ils se plaignaient sans remords. e
Ici-bas, j’étais un martyr et je le suis encore
Au sein d’une jeunesse voué à l’oubli. e
Je souffrais beaucoup âme et corps, e
Jusqu’à la démence et l’extrême folie. e

Pour me nourrir, j’ai trimé dans les champs, e
J’ai creusé la terre et semé le blé, e
Depuis le lever du soleil jusqu’au couchant. e
Souvent, je me couchais sous un toit désolé, e
Regardant le feu qui palpitait toujours près de moi, e
En hiver, je l’adorais puisqu’il m’abritait du froid. e
Le foin était mon lit, le pain sec me servait pour dîner, e
Ainsi, j’ai vécu horriblement les mois et les années. e

Ami, si je te dis mes profonds secrets, e
Si je te raconte l’histoire d’un cœur oublié, e
Vous allez certainement pleurer
Du sang, vous en aurez les yeux mouillés. e
J’ai tant exécré ce triste paysage, e
Que j’ai désiré faire un long voyage ; e
M’aventurer, seul, sans retour
Me semblait être mon unique amour. e

Avec bonne humeur, j’ai traversé les rivières, e
Les champs, les bois et les vastes pelouses, e
Sans me repentir de ma demeure la plus chère, e
De cette terre où n’a germé aucune rose. e
Me voici à la cime d’une haute montagne
Où le ciel m’embrassait et les horizons m’accueillaient. e
Au dessous de moi coulait un fleuve près d’une campagne, e
Que j’admirais autant que ce pâle soleil qui s’éloignait. e

Etant libre, je marchais sans relâche, e
M’enfonçant dans les simples rêveries, e
Que mon pauvre cœur si tendre si lâche, e
Laisse s’évanouir à l’âge fleuri. e
Les pas perdus dans l’ombre et les larmes aux yeux, e
Je m’enfonçais tout droit vers une gîte , e
Où je pouvais m’endormir et mourir ainsi que mes aïeux, e
Pour oublier que j’étais jeune et bien triste. e

perle blanche 11-06-2009 11:51

C'est grâce à cette perte de jeunesse,qu'on a eu l'occasion et la chance de lire un tel poème..
Trés beau poème
merci jerenome et trés bonne continuation

samir72 11-06-2009 12:21

merci jero pour ce joli poème ,la jeunesse est une grande ènergie qu'il faut en profiter
http://upload.traidnt.net/upfiles/G0S23000.gif

nissema 11-06-2009 12:29

Merci jerenom pour ce partage magnifique,

bon courage et bon continuation mon frère

ÔÏÈíÑ 11-06-2009 13:20

Très belle tran******ion de tes émotions on y découvre un coeur malgrès toutes ses souffrances qui tend vers l'espoir meme si tu l'as exprimé si timidement.Tu nous a berné en nous décrivant ton désespoir par le biais de tes balades dans les cimetières et tes méditations en haut de la montagne qui elle est synonyme de grandeur .Celui qui l'escalade a surement plein d'énergie et combat le mal qui le ronge en regardant le soleil sans écarquiller des yeux et le suivant du regard jusqu'à son déclin.
Beaucoup d'images, beaucoup de signes révélateurs d'espoir. Je te remercie mon ami, ton poème émane d'une beauté exquise.
Comme il y a la nuit, il y a le jour et notre combat continue sans relache et seuls qui triment et qui souffrent savent ce qui est la paix.


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