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arkoun 20-01-2008 16:01

ÈæãÇáä ÏÇÏÓ
 
Liberation 16 01 2008
Boumalne Dadès : les détenus «des neiges»
Le procureur du Roi près la Cour d’appel d’Ouarzazate se penchera demain jeudi sur le dossier des dix détenus des neiges et de l’exclusion. Dix personnes arrêtées sur fond des événements survenus dimanche 6 janvier courant.
Le premier chef d’accusation, il faut le reconnaître, pouvait donner lieu à des années de prison ferme. Conscients de cet état des lieux, l’on a ainsi omis de poursuivre les dix détenus de cette localité située à 120 km d’Ouarzazate, pour atteinte aux institutions sacrées, encore moins pour avoir lacéré le drapeau national. La seule accusation de base reste le recours à la violence contre les forces de l’ordre et l’occupation illégale de la voie publique pendant plus de 6 heures, causant ainsi une coupure de la route nationale No 10 dans des conditions climatiques difficiles pour les voyageurs qui n’avaient pas un autre choix. Tout a commencé lorsque les habitants de Msemrir (près de 70 km de Boumalne Dadès) se sont réveillés vendredi 4 janvier sur des chutes de neige inhabituelles. Les conséquences étaient manifestes : coupures de routes et d’électricité, bref, isolement du monde. La réaction immédiate de ces habitants était une manifestation pendant deux jours. Aucune tentative de les contacter ni de les réconforter. Ils décident donc de venir dimanche matin manifester leur colère devant le pachalik de Boumalne Dadès.
Pas d’écoute active, disent les habitants, ce qui les a poussés à investir la voie publique vers le coup de midi trente.
La première alerte donnée par les habitants de Msemrir n’a pas été prise en compte également. Lors des élections du 7 septembre dernier, la localité de Tilmi près de Msemrir avait rendu les urnes sans bulletin. Aucune voix n’a été exprimée : Message significatif!
Encadrés par des jeunes appartenant à une coordination de tendance amazighe appelée Aït Guigouch, les habitants perdent tout contrôle de la manifestation et finissent par se retirer. La gendarmerie et les éléments des forces auxiliaires sont restés dans un face-à-face avec les partisans d’Aït Guigouch.
Les revendications ne sont plus d’ordre social, et se sont vite politisées au point de véhiculer des slogans jugés « extrémistes voire racistes ». Secret de polichinelle, cette tendance ne reconnaît aucune force politique marocaine. Pour ses partisans, tout le monde est corrompu.
L’intervention musclée a fait des dizaines de blessés de part et d’autre. Les affrontements ont duré jusqu’à une heure tardive de la soirée. Beaucoup de jeunes furent arrêtés, mais dix seulement allaient être déférés devant le procureur du Roi près la Cour d’appel d’Ouarzazate le mardi d’après.
S’il y a un terrain fertile pour la protestation sociale, c’est bien dans cette région.
Non loin des frontières d’Ouarzazate, les Aït Hdiddou avaient eux aussi décidé d’entreprendre une marche jusqu’à Errachidia pour réclamer un peu de respect envers des Marocains à qui l’on demandera dans 5 ans de venir voter.



Nouri Zyad


ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 01:15

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