![]() |
Claire Voisin reçoit le "prix Nobel asiatique” en mathématiques
https://www.sciencesetavenir.fr/asse...maticienne.jpg Claire Voisin reçoit le "prix Nobel asiatique” en mathématiques Le 23.05.2017
Médaille d’or du CNRS en 2016, Claire Voisin explore avec passion les routes de l’abstraction mathématique. Elle se voit décerner le 23 mai 2017 le Prix Shaw, équivalent du "prix Nobel asiatique" en mathématiques. Sciences et Avenir l'avait rencontrée à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse.Le 23.05.2017 à 17h30 Médaille d’or du CNRS en 2016, Claire Voisin explore avec passion les routes de l’abstraction mathématique. Elle se voit décerner le 23 mai 2017 le Prix Shaw, équivalent du "prix Nobel asiatique" en mathématiques. Sciences et Avenir l'avait rencontrée à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse........Le grec et le latin, pourvoyeurs d’inconnus Portée par une joie profonde, menton volontaire, frêle silhouette, elle perçoit des entités invisibles à nos yeux qu’elle tente de communiquer à des générations d’étudiants, à l’École polytechnique ou au Collège de France où l’a conduite sa prestigieuse carrière : des objets mathématiques - appelés variétés algébriques -, dont elle affirme, à la manière des surréalistes, qu’ils sont « plus que réels ». Comme une toile de Magritte qui représente dans le ciel, au-dessus d’un paysage, le contour d’un oiseau échappé de l’esprit. Pour approcher son univers, qui lui a également valu de très nombreuses distinctions nationales et internationales dont la médaille d’or du CNRS en 2016, il faut oublier tout l’héritage du collège et du lycée, l’apprentissage par cœur des définitions. « Rien de fondamental dans tout cela ! », affirme celle pour qui faire des « vraies » mathématiques répond à la définition du philosophe et mathématicien Henri Poincaré : « Qu’est-ce les maths si ce n’est de faire une théorie des choses qui se ressemblent ? » Voilà lâché le premier de ses mots favoris, "théorie". « Pour moi, faire des mathématiques revient à faire la théorie de quelque chose » en déterminant ses structures précises. « Structure » étant le deuxième de ses mots fétiches et le troisième « abstraction », cette capacité à élaborer des représentations intellectuelles. Ces trois composants forment pour elle un monde sans limites, entièrement fait de représentations qui obéissent à des règles strictes. Cet univers mathématique regorge d’éléments « que nous nommons a, b, c - de l’alphabet latin - ou alpha, bêta gamma - de l’alphabet grec - selon leur nature ». Raison pour laquelle elle insiste sur « la nécessité d’apprendre le grec et le latin », qu’elle considère comme deux « pourvoyeurs d’inconnu en mathématiques ». Pour se frayer un chemin dans ces expériences de pensée, Claire Voisin dispose d’une redoutable arme théorique qu’elle affûte depuis de nombreuses années : la « géométrie algébrique », cette branche des mathématiques où l’on se sert des équations pour décrire des figures géométriques et inversement. Au sein de ce domaine, elle s’est d’ailleurs lancée, entre autres, dans la résolution de la conjecture de Hodge qui fait partie des sept défis mathématiques que l’Institut Clay a désignés en 2000 comme insurmontables… Sa démonstration, qui se fait encore attendre, établit un lien entre trois disciplines : la topologie, la géométrie algébrique et l’analyse. Un chemin long et tortueux que la mathématicienne a partagé avec quelques étudiants, aujourd’hui devenus à leur tour d’éminents chercheurs comme Julien Grivaux, de l’Institut de mathématiques de Marseille, qui se souvient ainsi de « quelqu’un de totalement atypique, ayant une vision globale des maths, d’une très grande exigence avec ses étudiants, qu’elle applique avant tout à elle-même ». Elle a fait de cette matière sa seconde nature Tandis que sa collègue et amie Leila Schneps, de l’Institut de mathématiques de Jussieu, affirme qu’« on fait des maths comme on est dans la vie. Le style de Claire est de chercher des choses difficiles qu’elle traite avec beaucoup de rigueur, sans compromis ni concession. Peu de personnes réunissent toutes ces qualités ». Aussi loin qu’elle puisse remonter dans sa mémoire, Claire Voisin a fait des mathématiques sa seconde nature. Son père, polytechnicien, lui lançait des défis et elle réussissait parfois à l’étonner en proposant une démonstration plus élégante que celle communément utilisée. Mais au lycée, faute de les avoir rencontrées sous la forme mordante et englobante qu’elle préfère, elle a bien failli délaisser ses chères équations pour se tourner vers les lettres, par désespoir. Ce n’est qu’une fois intégrée l’École normale supérieure, à 19 ans, qu’elle a le souvenir d’avoir enfin vécu les vraies joies de sa discipline et qu’elle a pu, ainsi parée, avancer dans la vie. Un chemin qu’elle a arpenté en compagnie de son mari, Jean-Michel Coron - mathématicien bien sûr ! -, suivi bientôt par leurs cinq enfants, quatre filles et un garçon… Si tous ne sont pas devenus matheux, tous ont fait des classes préparatoires où cette discipline occupe une place importante. « Maintenant qu’ils ne sont plus là, je vais reprendre la chorale et le dessin ! », affirme Claire Voisin. Promis. |
ÔÜßÜÜÜÑÇ ÌÜÜÒíÜÜáÇ áÜß..ÈÜÜÇÑß ÇááÜÜå ÝÜíÜÜß. Merci infiniment pour ce partage -****************************- |
| ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 11:11 |
Powered by vBulletin® Copyright ©2000 - 2026, Jelsoft Enterprises Ltd
ÌãíÚ ÇáÍÞæÞ ãÍÝæÙÉ áãäÊÏíÇÊ ÏÝÇÊÑ © 1434- 2012 ÌãíÚ ÇáãÔÇÑßÇÊ æÇáãæÇÖíÚ Ýí ãäÊÏì ÏÝÇÊÑ áÇ ÊÚÈÑ ÈÇáÖÑæÑÉ Úä ÑÃí ÅÏÇÑÉ ÇáãäÊÏì Èá ÊãËá æÌåÉ äÙÑ ßÇÊÈåÇ