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La descente à l'enfance
La descente à l'enfance Ayant revu l'espace où j'avais mille traces J'ai frissoné, mon Dieu! ces éternelles places Etalent toujours leur attrait J'ai revu gaiement tous les moments splendides Que j'avais partagés dès mes débuts timides Avec chaque buisson discret Promenant mon regard sur ces maisons heureuses Et sur chaque prairie, en orgueil généreuses J'ai vu surgir mon passé Ont paru devant moi des jours indélébiles Au sein de la Kasbah, le plus beau des asiles Où ma vie avait commencé! Tout était comme avant: les vieux remparts rougeâtres Qui ceignent le village où la rumeur des âtres S'élève encore dans l'azur Les oiseaux de leurs chants tantôt gais tantôt tristes Ont éveillé chez moi, passion des touristes L'exotisme de ce coin pur Et quand, sur la falaise, arrogante et hautaine J'ai promené mes yeux sur les oueds et la plaine Inchangé, j'ai vu le décor Au loin, comme autrefois, on travaille la terre Tout près, dans un ruisseau, coulant, l'eau solitaire Pour la beauté, chantonne encor Puis, au bord de Tafrante où quelque douce image Se déroule vêtue à l'ancien tatouage J'ai vécu mille souvenirs J'ai humé la beauté de cette source calme Lorsque j'ai cru revoir avec le même charme L'ardeur d'antan et les plaisirs Et bientôt le soleil, dans l'horizon rougeâtre S'en allait se coucher, obligeant chaque pâtre A rentrer avec les troupeaux J'ai vu se regrouper, comme lors de l'enfance Devant chaque portail une nuée immense De gens pressés et d'animaux. Lorsque tard, j'ai quitté, non sans grande tristesse Cet espace sacré, berceau de tendresse qui, bienveillamment, m' a bati J'ai senti un autre être, fidélement, éclore en moi! je prends ma plume et attendant l'aurore j'en peins un poème assorti Mai 1993 Kasbah: kasbah mérinide bâtie depuis le XIIIè siècle et qui résiste encore au temps Tafrante: nom d'une source d'eau qui n'a jamais tari et qui irrigue toutes les terres du village. le nom est d'origine berbère (eau qui coule d'une grotte): |
Sublime poème qui reflète l'âme nostalgique du poète...nostalgie du temps perdu,culte fervent des endroits et bien d'autres sentiments plus profonds...en vous lisant on s'y retrouve implacablement.MERCI.
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ÇÞÊÈÇÓ:
Merci de votre passage. C'est vrai, certains sentiments sont tellement humains, tellement universels qu'on a l'impression, en les lisant dans un texte, qu'ils nous concernent |
Il y'a toujours des lieux et des moments vécus ,qu'on arrive jamais à les oublier
merci monsieur Aziz pour ce joli poème bonne chance |
En lisant ce joli poème, vous avez tracé devant moi les traits d'un certain Joachim Du Bellay, grand poète du 16ème siècle . Et vos vers côtoient son poème intitulé " heureux qui, comme Ulysse..." . votre poème traduit une nostalgie excessive, un regret peut être, une célébration de votre région natale et plus loins une méditation sur le temps qui passe
A vrai dire un grand salut à vous : votre poème est d'une belle harmonie sonore,et aussi d' une agréable musicalité qui émeut les âmes, sans oublier votre style très recherché Merci encore |
| ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 19:45 |
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