6heures à GHAZA
Une course contre le temps
Il était presque onze heures et demi du soir, un silence meurtrier régnait chez moi, il n’ y a aucune âme qui vive car tout le monde dormait paisiblement. La solitude dominait inlassablement dans tous les coins…de la maison. J’étais toute seule devant l’ordinateur entrain de travailler sans relâche…à écrire, et à traduire un rapport universitaire au cours d’un stage envoyé par MR ADIL SALAMA, un étudiant palestinien de Ghaza âgé de 26 ans.
Le rapport ne dépassait pas 10 à 14 pages. Mais, le temps court à tout rompre ; surtout parce que l’électricité menace de couper à tout moment à GHAZA suite aux événements actuels…. sous les tirs féroces des israéliens… Tout ce qui compte pour ADIL et moi, c’est de terminer le travail avant que six heures du matin n’aient lieu. J’écris et mon cœur bat si fort ; de peur que je perde tout lien avec lui ADIL une fois l’électricité interrompue.
Via Internet, on s’attend à tout, à une panne de connection ou tout autre panne sur nos deux PC à moins un virus qui attaque à notre insu… parce que de temps en temps le PC de ADIL se plante et il lui est indispensable de le mettre hors tension pour le redémarrer pour qu’il fonctionne de nouveau car son propre PC a été détruit par les israéliens… Nos cœurs battaient à tout rompre ; de peur qu’il n’y aura plus d’électricité et le travail ne sera plus complété
On a fait un travail de bon record pour compléter ce qui reste, surtout que la connection se coupe chez ADIL qui prie Dieu que la lumière continue à éclairer la chambre car le lendemain, le travail doit être donné au professeur sous forme de rapport bien fini comme il se doit sans prendre en considération les circonstances où les étudiants vivent à GHAZA, non seulement sur le côté psychologique et social mais sur tous les domaines.
Quand ADIL me dictait le texte, j’écrivais à toute vitesse pour vaincre l’impossible cette nuit ; afin que tout le travail soit complété avant 06 h du matin. Sur l’autre bout de l’audio, j’entends les tirs israéliens qui font rage.
Mais lui se contrôlait toujours bien; son courage pour terminer sa tâche m’a donné une grande force pour relever le défi et rester forte pour l’aider à écrire le texte et traduire tout le rapport au fur et à mesure qu’il préparait ce qui reste du rapport… On lit on relit, on développe les idées et on regroupe les écrits qu’on a fait de part et d’autre ; et les lui renvoyer par e-mail.
Il est très dur de ne pas pouvoir dire que la fatigue nous assailli mais, l’envie de relever le défi pour continuer nous éclaire le cœur pour réussir. Des fois le silence meurtrier règne entre nous… On entend que le claquement des touches de nos claviers et les informations d’une chaîne télévisée sur l’autre bout de l’audio…
Une fois le travail terminé, on s’est dit : « Bravo !! Le travail a été fait avant même 6h du matin d’un quart d’heure… ». Car « le possible on le fait… l’impossible on l’essaye… mais le miracle on le travail…»
ÚÐÈÉ ßáÇã
Le 08/02/2009