ãäÊÏíÇÊ ÏÝÇÊÑ ÇáÊÑÈæíÉ ÇáÊÚáíãíÉ ÇáãÛÑÈíÉ - ÚÑÖ ãÔÇÑßÉ æÇÍÏÉ - Prémonition: nouvelle
ÇáãæÖæÚ: Prémonition: nouvelle
ÚÑÖ ãÔÇÑßÉ æÇÍÏÉ

ÇáÕæÑÉ ÇáÑãÒíÉ Azzeddine.I
Azzeddine.I
:: ÏÝÇÊÑí ÐåÈí ::
ÊÇÑíÎ ÇáÊÓÌíá: 13 - 11 - 2008
ÇáÓßä: rabat
ÇáãÔÇÑßÇÊ: 1,099
ãÚÏá ÊÞííã ÇáãÓÊæì: 326
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Azzeddine.I ÛíÑ ãÊæÇÌÏ ÍÇáíÇð
äÔÇØ [ Azzeddine.I ]
ÞæÉ ÇáÓãÚÉ:326
ÞÏíã 11-02-2009, 14:21 ÇáãÔÇÑßÉ 1   
ÇÝÊÑÇÖí Prémonition: nouvelle

Deux heures du matin sonnèrent, et Aziz ne cessait de se retourner dans son lit. Impossible de retrouver le sommeil. Il se releva, fit quelques pas dans le noir, s’arrêta tout à coup et rebroussa chemin pour se retrouver assis sur le bord du lit, « il ne veut pas venir ce sommeil ! que faire ? je ne vais tout de même pas me mettre à genoux et le supplier ! ». il alluma sa veilleuse et resta immobile à observer le sol, « quel silence ! ». Il promena son regard dans la chambre…les mêmes meubles, la même laideur, la même tristesse et la même odeur, « c’est normal ! Comment avoir sommeil quand on a une tête pleine de médiocrités ? ».
Sa voix retentit et son écho revint des murs chargés de laideur, de monotonie et d’insomnies, déchirant ce silence compact…un silence aux aguets. Il avait sur le cœur un soupçon d’inquiétude, une pression inexplicable : Aziz avait comme un poids immense sur la poitrine, et sa respiration venait de tirer l’alarme . Il courut vers l’autre chambre, la seule qui avait une fenêtre sur la rue, ouvrit les volets et tira une grande bouffée d’air glacé, et resta là planté à contempler, dans le halo des réverbères, une pluie fine qui chancelait dans l’air.
Impossible de précipiter le temps, de déplacer les aiguilles qui avaient l’air de rebrousser chemin.Son attention fut réanimée par le miaulement d’un chat affamé qui rasait les murs pour conjurer l’averse, devenue dense. L’enfance de Aziz surgit alors du sein de la nuit. Une nuit différente de celles de l’enfance où il dormait comme un ange exalté par le ronronnement de son chat noir de blanc bigarré, qui partageait son lit. Cette enfance où ils se tenaient, lui et ses sept frères et sœurs dans une chambre étroite et où ils ne dormaient qu’une fois grondés par leur patriarche. Alors un silence sacré s’instaurait permettant à Aziz de dormir en paix. La nostalgie vint alors aiguiser ces instants d’insomnie et de tristesse.
Il eut envie de téléphoner à ses frères et sœurs pour sentir une compagnie, « ça les inquiéterait ! ». Il décida alors d’attendre la matinée mais la matinée refusait de le soulager. Elle restait là pointée derrière le noir linceul de la nuit comme par timidité…comme par indulgence.
Il restait là à scruter l’asphalte et le pavé dans la rue, à déceler dans les tracés et les giclées de la pluie quelque message de l’autre côté…ce monde caché qui ne parle qu’aux fous, aux insomniaques et parfois aux sages. A cet instant il fut tiré de ses pensées nébuleuses par un bruit strident qui arracha le silence du cœur de la nuit. « le téléphone ! » Aziz courut avec des enjambées lourdes et paresseuses pour décrocher…à l’autre bout du fil…
" Aziz ! notre mère est morte!…"
Il n’entendit plus la suite.Il retourna dans sa chambre enveloppé de vide, avec l’espoir de mettre de l’ordre dans ses pensées…mais il n’y avait point de pensées (rien)!c’était la vacuité totale. Une espèce de vacuité, qui engendrait une immensité sidérale où il n’était absolument pas possible de s’orienter, le hanterait durant toutes ces heures qui le séparaient du lendemain. Il s’allongea sur le lit, sachant bien qu’il avait répudié le sommeil… c’était plutôt lui le répudié. Fermant les yeux, il se projeta dans un lointain passé, à la recherche d’une image de cette femme décédée…rien ! aucune image, sinon ce tas de chair et d’os pliés sous le faix de la maladie et puis …rien ! mais le rien ne s’arrêtait pas là, devant cette panne de mémoire visuelle, il rampa en silence et avec lâcheté au sein de ses sentiments :Aziz ne sentait aucune tristesse, aucune peine et pas même une réflexion sur le concept du deuil !
Onze heures sonnèrent quand il quitta la gare en direction de la maison paternelle. Une fois arrivé, il fut reçu par toute une population de fantômes marmonnant des paroles qui ne dépassaient pas le seuil de ses oreilles. Il avançait en silence, regardant avec indifférence des visages familiers, d’autres inconnus et d’autres qu’il reconnaissait à peine, trahit par une mémoire défaillante. Quelqu’un le prit par la main et le mena vers une chambre au seuil de laquelle se tenaient en sentinelles deux femmes de grande carrure. On l’invita à y entrer pour jeter un dernier regard sur la défunte…il recula comme s’il avait reçu une décharge électrique « NOOON ! ».
Il vit alors tous les regards le scruter, scandalisés…il rebroussa chemin et quitta la demeure. Dehors il se trouva devant une multitude d’hommes et femmes et ne put déceler dans leurs regards ni pitié ni indignation, pourtant leur lèvres bougeaient avec de temps en temps des rictus qui en disaient trop long. En effet dans tout le quartier on savait qu’un jour, à la tombée de la nuit, il y avait eu une dis**** entre Aziz et son frère Driss où la défunte avait pris le parti du second. Aziz alors avait pris sa valise et quitté la maison depuis maintenant douze ans. Durant toutes ces années ce fut le silence absolu, sinon quelques appels furtifs et timides entre lui, sa sœur Rajae et son frère aîné Abdeslam ; et cette rencontre avec eux quand ils avaient emmené leur mére faire des examens médicaux à Rabat et qu’ils avaient tous passés la nuit chez lui.
Cette nuit sa mère n’avait pas osé poser le regard sur lui et ils n’avaient pas échangé un seul mot. Elle marmonnait avec Rajae mais ne parlait jamais à Aziz qui s’était isolé dans un coin ,s’etait laissé absorber loin d’eux par la télévision avant de leur souhaiter bonne nuit et de s’enfermer dans sa chambre jusqu’au matin. Au moment de leur départ, le lendemain, Rajae le tira à l’écart pour lui dire _« ma mère m’a chargé de te dire qu’elle souhaite avoir ton pardon, pour pouvoir mourir en paix ». Elle attendit une réaction de sa part, mais il ne bougea pas et ne se prononça jamais.
Revenu de ses souvenirs nébuleux, Aziz remarqua la présence de deux femmes ; il se rappela d’elles, un peu vieillies maintenant, c’étaient elles qui avaient essayé de le retenir et de le dissuader de partir cette nuit-là. L’une d’elle demanda à l’autre « mais que s’etait-il donc vraiment passé ,cette nuit ? ». L’autre répondit «_ que Dieu nous pardonne tous ! »
Quand le soir fut venu, on chercha Aziz partout sans le trouver . Des rumeurs se faisaient entendre(commençaient à courir) «_ il est retourné chez lui…_il est peut-être allé se saouler…_il est allé chez un de ses amis d’enfance ou un de ses cousins…. ». Rajae regardait Abdeslam (silencieusement)et semblait lui poser mille interrogations à propos de cette disparition. Le téléphone portable de Aziz était éteint et la nuit commençait à tomber. Même Driss s’était mis à la recherche du frère-ennemi ! Ragae pleurait d’amères à chaudes larmes . Rajae avait toujours eu le grand espoir de repêcher ce frère banni et de le maintenir serré dans l’étreinte de la famille dans l’étreinte de la famille. Abdeslam murmurait en silence « je t’en conjure Aziz, reviens ! nous avons eu assez de deuils comme ça ! je t’en conjure au nom de l’âme de notre mère reviens et tout rentrera dans l’ordre…Douze années de douleur ! n’en as-tu pas encore assez ?! je t’en conjure petit frère reviens que je te serre enfin dans mes bras ! ».
Les larmes lui montaient déjà aux yeux quand Rajae le prit par l’épaule,
- Abdeslam ! doit-on avertir la police ?
- C’est pas le moment Rajae, attendons…
Il se tut un moment en se tenant la tête entre les mains, puis il ajouta comme pour lui-même «_ douze ans ! c’est assez long pour que je puisse deviner ses réactions…cette rupture l’a éloigné de moi, et entretemps il a surement changé…énormément changé ! »
Soudain on remarqua une autre absence ! Cette fois c’était Driss, qui ne revenait toujours pas de ses recherches, « l’aurait-il trouvé ? se serait-il senti coupable et choisi de partir lui aussi ? non ce n’était pas possible, il avait une femme et des enfants ! ».
On se sentait abattus, frappés par un double deuil engendré par une nuit vieille de douze ans qui resurgissait du néant pour raviver des blessures jusque-là oubliées ou du moins obviées.
La nuit était tombée. Il faisait assez froid et tout le monde rentra à la maison. Une heure plus tard, Driss revint accablé par la fatigue et la douleur. On l’accueillit avec espoir et appréhension. En deux mots il désillusionne et rassure tout le monde ! il avait fait le tour de tous les commissariats et tous les hôpitaux…aucune trace du frère perdu. La nuit avançait et les gens venus présenter leurs condoléances se préparaient à repartir chez eux. On servit le diner, auquel on toucha à peine. Soudain Abdeslam vit Haj Hamid, un vénérable voisin, debout sur le pas de la porte et alla à sa rencontre
- Viens diner avec nous Haj Hamid !
- Non mon fils ! je viens t’apprendre quelque chose.
- ….. !
- C’est à propos de ton frère Aziz…
Abdeslam sentit tous ses membres trembler, un léger vertige le prit, il recula de deux pas pour pouvoir saisir une chaise et se laissa tomber dessus. Il fixa Haj Hamid avec un regard absent et une respiration époumonée. Rajae ne manqua pas cette scène. Elle se blottit contre le mur, la main sur la bouche, en tremblant de tout son corps et de toute son âme, le visage baigné de larmes. Déjà l’image de son frère s’éloignait, ne lui laissant qu’un défilé d’images lointaines, de l’enfance où elle jouait avec Aziz qui la pourchassait dans toute la maison et où ils finissaient tous les deux dans l’étreinte de leur mère.
Haj Hamid remarqua l’état où était Rajae et ne pensa même pas, il était déjà près d’elle pour l’empêcher de s’écrouler par terre. Il la fit asseoir sur un canapé.
- Rajae, ma fille ! ton frère va bien…Aziz va bien…
Il ne put lui éviter une perte de connaissance. Tout le monde accourut, qui avec un flacon de parfum, qui avec un verre d’eau . On la barbouilla d’eau froide mouillant par la même occasion la veste de Abdeslam qui tenait Rajae serrée contre sa poitrine.
- il est où ? s’écria Abdeslam d’une voix sourde
- en revenant de la mosquée…j’ai longé le mur du cimetière jusqu’à l’entrée. Je me suis arrêté pour lire quelques versets sur les morts, et là j’ai distingué une ombre près de la tombe de votre mère…je me suis approché et j’ai entendu des pleurs dans la nuit et dans la solitude. J’ai eu pitié de cette ombre et j’ai voulu la consoler. En m’approchant j’ai reconnu ton frère Aziz…je me suis retiré en silence car comme je ne le connais pas assez bien j’ai respecté son recueillement









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ÇáÊÚÏíá ÇáÃÎíÑ Êã ÈæÇÓØÉ Azzeddine.I ; 25-03-2009 ÇáÓÇÚÉ 16:58