Plouf, le canard était un pauvre sot qui se croyait supérieur aux autres. Il prenait de grands airs et était toujours bien propre et impeccablement vêtu.
- Allons, Plouf, viens jouer avec nous dans l'étang! - lui dit le dindon, tout enjoué.
- Bah! Dans l'étang! Pour qui me prends-tu, mon cher? Moi, je suis un canard distingué, l'oublierais-tu? - lui répondit ce grand prétentieux.
Las de tant d'orgueil, ses amis décidèrent de lui jouer un bon tour. Ah, ah! Il allait voir, ce prétentieux! Un jour, alors qu'ils se trouvaient tous près d'un petit ruisseau qui coulait près du village, l'un d'eux se mit à courir en criant:
- Au secours, il y a le feu dans la forêt, au feu!
Sans hésiter un seul instant, PIouf se jeta à l'eau la tête la première; il faillit même se casser le bec contre le fond. Et comme il était sur son trente et un... imaginez, mes amis, comment il sortit de l'eau. Couvert de boue et tout trempé! On aurait dit un clochard.
Ses amis éclatèrent de rire en le voyant; Oh, comme il fut blessé dans son orgueil! Mais cela lui servit de leçon car, après cette aventure, il redevint le petit canard sympathique et simple que tous avaient connu et aimé.
Madame Abeille et Madame Fourmi avaient beaucoup d'affection l'une pour l'autre. De plus, la première adorait les aliments que son amie emmagasinait pour l'hiver et Madame Fourmi était folle du miel produit par Madame Abeille. Cela donnait lieu à un fréquent échange de cadeaux.
Un jour, Madame Abeille partit en voyage et laissa les clefs de sa maison à son amie Madame Fourmi.
Au bout de quelques jours, celle-ci fut tentée d'entrer chez la voyageuse pour se gaver de miel, mais au dernier moment, elle se retint:
- Oh, non! Ce serait un abus de confiance, indigne de notre amitié - se dit-elle.
Quelques mois plus tard, Madame Fourmi dut abandonner son foyer à son tour, et naturellement, elle laissa les clefs à son amie intime.
Le lendemain, Madame Abeille pénétra chez Madame Fourmi en se disant:
- Bah! Je suis sûre que lorsque je lui ai laissé les clés de ma maison, elle a profité de mon absence pour piller mes réserves. Mais, elle a su se débrouiller car à mon retour, j'ai vainement cherché et je n'ai pas trouvé trace de son passage. Maintenant, c'est à mon tour et je vais faire un banquet à ses dépens!
Vous le voyez, Madame Abeille était loin d'être digne de l'amitié de Madame Fourmi! n'est-ce pas, mes petits amis, qu'il ne faut pas abuser de la confiance d'un ami?
9- La Pluie et le Beau Temps
Il est difficile de contenter tout le monde; l'histoire qui suit va vous le démontrer.
Dans un village perdu, se trouvait une jolie petite école où se rendaient trois petits chiens et trois petites grenouilles. Ils habitaient très près les uns des autres et étaient bons amis. Évidemment, ils allaient à l'école ensemble et arrivaient toujours à l'heure.
Parfois, avant d'arriver à l'école, des dis****s éclataient. Si le jour était pluvieux, les grenouilles se réjouissaient. Par contre, les petits chiens faisaient la grimace car ils n'aimaient pas l'eau.
- Youpi! Quel bon bain nous allons prendre dans les flaques d'eau! Ah, quelle fraîcheur et quel plaisir! - disait l'une des grenouilles.
- Bah! C'est un jour de perdu. Moi, la pluie me rend triste! - répondait l'un des chiens.
Quand la journée était ensoleillée, c'était tout le contraire qui se passait; les petits chiens étaient fous de joie et les petites grenouilles se sentaient très malheureuses, car elles pensaient que la chaleur et la sécheresse étouffante allaient les torturer.
Vous vous demanderez s'il leur arrivait d'être tous contents. Très simple! les jours gris et couverts, mais sans pluie, ce qui arrivait souvent dans cette région montagneuse faisaient leur bonheur.
Ne vaudrait-il pas mieux accepter la vie telle qu'elle se présente? Ainsi, nous ne serions jamais malheureux.
10- Le Petit Chat Glouton
Il était une fois un petit chat qui aimait beaucoup les sardines; cependant, il était rare qu'il en trouve.
Un jour, un marchand ambulant, qui vendait du poisson, arriva au village. Là, à sa portée, il pouvait voir une caisse entière pleine de sardines! Torturé par la faim, il commença à guetter le vendeur. Pendant un moment d'inattention de celui-ci, le chat sauta sur l'étalage et vola une belle sardine parmi celles qui s'y trouvaient. Furieux, le vendeur se lança à la poursuite du chat. Mais, celui-ci traversa rapidement un pré et arriva jusqu'à un ruisseau qui coulait paresseusement entre les herbes.
Dans ses eaux limpides, le chat vit quelque chose qui le rendit très jaloux; un de ses collègues tenait dans la gueule une sardine plus grande que la sienne. Comment était-ce possible? C'était inadmissible!
Sans hésiter un seul instant, le chat se jeta à l'eau afin de s'emparer d'une aussi succulente sardine. Il comprit trop tard qu'il n'y avait ni chat, ni sardine. En fait, c'était sa propre image déformée et grossie qu'il avait contemplée sur l'eau.
Il dut employer toutes ses forces pour sortir de l'eau et se mettre à l'abri; entre-temps, la sardine avait disparu dans les profondeurs du ruisseau.
Il venait de recevoir une dure leçon et il s'en souviendrait; au lieu de se contenter de la sardine qu'il avait obtenue, il s'était laissé entraîner par l'ambition et la gloutonnerie.
Mes petits amis, souvenez-vous de ce conte pour ne pas commettre la même erreur.
11- La Grande Frayeur de l'Ours Courageux
Il était une fois un ours corpulent et bien proportionné qui vivait dans la forêt et faisait preuve, à tout moment, d'un grand courage. Il pouvait affronter un boa, un jaguar et même un lion. Il mesurait plus de deux mètres et pouvait étrangler un homme en le serrant simplement contre lui.
- Je suis l'ours le plus fort du monde. Je voudrais connaître l'animal capable de me vaincre. Il faudrait être fou pour oser me défier - disait-il souvent avec arrogance à ses collègues.
Derrière son dos, tous cherchaient en vain quelque chose qui puisse le terroriser, mais ils avaient beau chercher, ils ne trouvaient pas de solution.
- II faut admettre que M. Ours est le plantigrade le plus courageux du monde - dit finalement un autre ours qui vivait près du premier.
Un jour, cependant, un violent orage éclata. Les éclairs se succédaient avec une formidable intensité et le tonnerre faisait trembler la terre.
Alors, de petits animaux purent voir avec étonnement comment l'ours courageux sortait de sa grotte en poussant des rugissements de frayeur.
Ils avaient trouvé le talon d'Achille du courageux animal.
Dino était un dinosaure gai et joueur qui était apprécié de tout le monde. Il passait son temps à chanter et à danser et il n'arrêtait pas de sauter et de faire des cabrioles.
Il aimait la nature et, conscient de son énorme taille, il prenait soin de ne jamais faire de mal à personne, pas même à un simple moustique.
Un jour, cependant, il écrasa une jolie petite fleur qui ne tarda pas à mourir. Il ne l'avait pas fait exprès, mais une profonde tristesse s'empara de lui.
Les jours passèrent et Dino était de plus en plus abattu et inconsolable. Ses amis, affligés de le voir ainsi, décidèrent de chercher une solution, mais ils ne la trouvèrent pas.
Finalement, une sauterelle pensa à une solution très raisonnable.
- Si Dino a peur d'écraser les fleurs et les petits animaux, qu'il marche sur la pointe des pieds. Ainsi, il ne fera de mal à personne - dit-elle avec soulagement. Tous acceptèrent la proposition de la sauterelle, qui leur parut excellente; à partir de ce jour-là, Dino sauta et dansa en se tenant sur la pointe des pieds.
Sa tristesse disparut, il redevint le dinosaure heureux et aimable qu'on avait toujours connu.