régionaux et internationaux pertinents. En dernier lieu, convaincu que la lutte contre le terrorisme doit être unanime et sans aucune restriction, le représentant a réaffirmé son appui à toutes les décisions qui seront adoptées par l’Assemblée générale.
M. MARC NTETURUYE (Burundi) a déclaré que l'ensemble du peuple burundais s'est associé au peuple américain et à tous les peuples du monde pour pleurer les victimes de la tragédie du 11 septembre et pour essayer de comprendre pourquoi une telle folie humaine. Prévenir et réprimer, voilà ce que la communauté internationale doit faire, non plus dans la rhétorique ou l'amalgame mais dans le concret, le quotidien, sans faux-fuyants ni ambiguïtés. Les Nations Unies offrent le cadre privilégié d'action et de coordination. Le Gouvernement américain a également le droit de châtier les coupables, et il a le soutien du Burundi, pourvu que l'ennemi soit bien ciblé et que l'opération n'entraîne pas la mort d'innocents. La résolution 1373 du Conseil de sécurité est une feuille de route pour le combat immédiat contre le terrorisme. Mais cela ne suffira pas si tous les pays ne comprennent pas le terrorisme de la même façon et si une réflexion en profondeur n'est pas initiée pour essayer de percer les contours de ce nouveau mal des temps modernes.
Le représentant a insisté pour que la coalition mondiale contre le terrorisme identifie les causes du mal et s'attaque à la racine au lieu de commencer par en soigner les symptômes. En effet, le terrorisme n'est pas né le 11 septembre. Le peuple burundais est d'autant plus solidaire de la douleur du peuple américain qu'il est lui-même victime depuis huit ans du terrorisme couplé d'actes de génocide commis par des groupes armés venus de l'extérieur. La Coalition mondiale doit prendre un engagement ferme pour lutter contre le terrorisme mais également la criminalité organisée, le trafic de drogues et des stupéfiants ainsi que le trafic illicite des armes. Elle doit prendre le même engagement pour lutter contre la pauvreté, la misère, la maladie, l'ignorance et autres fléaux qui peuvent expliquer le fanatisme et le désespoir de la jeunesse en particulier, sans pour autant justifier la violence aveugle qui en résulte. Le représentant a fait part de la volonté de son pays de signer, ratifier ou d'adhérer à toutes les conventions internationales contre le terrorisme aussitôt que possible. Le Burundi soutient également la convocation d'une conférence de haut niveau sur le terrorisme.
M. FRED BEYENDEZA (Ouganda) a déclaré que les actes terroristes barbares du 11 septembre contre des civils innocents ont révolté et indigné son pays, qui estime que ces crimes ne doivent absolument pas rester impunis. Il a rappelé que l'Ouganda est affecté depuis longtemps par des actes de terrorisme commis par deux groupes rebelles, Allied Democratic Forces et la Lords Resistance Army. M. Beyendeza s'est dit encouragé par la déclaration du représentant du Soudan qui a affirmé en plénière que ce pays ne permettrait plus à des individus ou groupes terroristes d'utiliser son territoire comme sanctuaire. Souscrivant aux conventions antiterroristes des Nations Unies et à la résolution 1373 du Conseil de sécurité, l'Ouganda invite toutefois l'Organisation à aller plus loin, en renforçant et en finalisant les projets de convention d'ensemble sur le terrorisme international et de convention sur le terrorisme nucléaire. Il propose également à l'ONU de déclarer que les crimes terroristes constituent des crimes contre l'humanité, et d'établir un mécanisme international pour punir ceux qui commettent ou soutiennent des activités terroristes. L'Ouganda suggère également que l'Organisation mobilise les ressources nécessaires pour aider les pays en développement et particulièrement les Pays les moins avancés, à se doter de mécanismes nationaux et régionaux et à renforcer leur capacité à mettre en œuvre les diverses conventions et résolutions antiterroristes de l’ONU. Les Nations Unies doivent aussi affronter le fléau du terrorisme en s'attaquant aux conditions qui contribuent à la montée de la haine, de l'extrémisme et du fondamentalisme, notamment en réalisant les objectifs de la Déclaration du Millénaire en matière d'éradication des conflits, de l'ignorance, des maladies et de la pauvreté.
M. ALISHER VOHIDOV (Ouzbékistan) a souligné l’importance de faire converger les efforts internationaux dans la lutte contre le terrible fléau du terrorisme. L’agression terroriste du 11 septembre dernier, a-t-il déclaré, est un défi lancé à toute l’humanité. Ayant connu le terrorisme et l’ayant éprouvé en 1999, l’Ouzbékistan a conséquemment amendé sa législation nationale. M. Vohidov a par ailleurs dénoncé les liens irréfutables qui lient le terrorisme au commerce de stupéfiants, au trafic d’armes et au blanchiment de l’argent sale. Les chefs d’Etats et de gouvernement n’ont pas manqué de relever les progrès sensibles effectués dans l’élaboration de documents de lutte contre le terrorisme. Bien qu’il soit partie prenante aux 12 conventions déjà adoptées, l’Ouzbékistan est d’avis que, face aux défis qui se multiplient, l’Assemblée générale devrait adopter dans les plus brefs délais les deux conventions en voie de finalisation.
Il ne suffit cependant pas d’adopter des documents de droit. Il faut aussi créer un système mondial de coopération internationale dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies. La résolution 1373 du Conseil de sécurité est un jalon important dans la formation de ce système mondial. Mais, a souligné le représentant, l’Ouzbékistan est convaincu qu’il faut intensifier le potentiel de l'Organisation des Nations Unies sous toutes ses formes et par le renforcement des services existants au sein de l’Organisation. L’Ouzbékistan a proposé par deux fois la création d’un centre international de lutte contre le terrorisme; il propose aujourd’hui au Secrétaire général de prendre des mesures urgentes et efficaces pour créer un tel centre. Un groupe important d’Etats a appuyé cette initiative qui n’a encore reçu aucune application pratique. Ce centre pourrait notamment offrir des services techniques et consultatifs en matière de lutte contre le terrorisme et accumulerait matériaux, informations et analyses sur les phénomènes et les actions du terrorisme international. Seuls des efforts conjoints pourront faire face au terrorisme international, par des mesures mondiales concertées, a tenu à souligner le représentant qui a ajouté que son pays regrettait la faiblesse du financement du Bureau du contrôle des drogues à Vienne.
M. YASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a condamné le crime odieux commis contre d'innocents civils le 11 septembre dernier qui, de l’avis de sa délégation, est un véritable défi au monde civilisé. Nous pleurons les victimes des attentats et tenons à manifester notre solidarité avec leurs familles. Les Etats Membres doivent plutôt s'unir sur la base de principes qu'en fonction de leurs intérêts étroits. Ils doivent sans équivoque condamner le terrorisme sous toutes ses formes mais également tout appui ou la neutralité face au terrorisme. La communauté internationale doit également tout faire pour identifier les causes de ce phénomène qui sont principalement de nature politique. Le terrorisme est pratiqué par des régimes séparatistes et des entités illégales, a ajouté le représentant. Les groupes terroristes se servent de certaines régions sous leur contrôle et s'adonnent au trafic des stupéfiants, au trafic d'armes, au blanchiment d'argent et à la traite des personnes. L'argent ainsi gagné finance le terrorisme.
Un combat contre une organisation ou un individu doit se faire à l'échelle mondiale. Les Nations Unies doivent prendre l'initiative et élaborer un programme d'action qui comprenne la compilation d'organisations terroristes dans le monde. L’une des tâches urgentes est de consolider les efforts afin de faire obstacle à l'entraînement des terroristes, au financement des organisations terroristes et à l'asile et la protection que certains Etats leur accordent. Aujourd'hui, a indiqué M. Aliyev, l'Azerbaïdjan a signé la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme
Prenant ensuite la parole au nom du GUUAM (Azerbaïdjan, Géorgie, République de Moldova, Ukraine et Ouzbékistan), le représentant a précisé que l'objectif principal de cette organisation est de lutter contre le terrorisme, la criminalité organisée et le trafic des drogues. Les Etats du GUUAM, qui ont fermement condamné les attentats terroristes du 11 septembre dernier, sont prêts à participer activement à la consolidation des efforts de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme international. Nous sommes d'avis qu'il est nécessaire de créer une institution internationale consacrée à la lutte contre le terrorisme.
M. RASHID ALIMOV (Tadjikistan) a déclaré que son pays est d’autant plus solidaire avec la coalition mondiale, qui s’est constituée en vue d’éradiquer le terrorisme international, qu’il a lui-même connu la guerre civile et souffert de terrorisme. Le représentant a insisté sur le fait que le terrorisme vise toute l’humanité et menace gravement la paix et la sécurité internationales; il a réaffirmé la volonté de son pays de collaborer, dans la mesure de ses moyens, à toute action visant à capturer les coupables et à les traduire en justice. Le Tadjikistan s’associera sans réserve aux efforts collectifs pour lutter contre ce fléau, a-t-il déclaré.
Dans cette optique, le représentant a insisté sur la nécessité d’unifier les efforts de la communauté des nations contre la clandestinité des réseaux terroristes mondiaux qui veulent arrêter le progrès de l’humanité et créer dans le monde une psychose de peur. C’est pourquoi le Tadjikistan participe également aux efforts régionaux mis en place pour endiguer ce fléau. Pour que cette lutte soit
efficace, a-t-il poursuivi, il importe de mettre fin à toute hypocrisie et à l’isolationnisme qui joue le jeu du terrorisme. Evoquant la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité dont il se félicite, le représentant a espéré
que le comité chargé de veiller à son application sera un mécanisme efficace de contrôle international. Maintenant, a-t-il estimé, c’est à l’Assemblée générale qu’il appartient d’élaborer une plate-forme globale de lutte contre ce fléau et d’adopter rapidement la convention générale sur le terrorisme international ainsi que la convention pour la répression du terrorisme nucléaire. Il convient aussi de renforcer les bases de l’action conjointe antiterroriste et pour ce faire, les Nations Unies doivent jouer un rôle clef afin de coordonner les efforts mondiaux qui permettront d’éliminer ce phénomène odieux.
M. HUBERT WURTH (Luxembourg) a invité les pays à accélérer la mise en oeuvre des 12 conventions internationales de lutte contre le terrorisme. Il a reconnu que les procédures nécessaires de ratification sont certes parfois lourdes, mais que ces conventions renforcent l’attachement des pays aux règles internationales définies en commun. Le Luxembourg a signé le 20 septembre la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et le pays a adhéré le 26 septembre à la Convention européenne sur le blanchiment d’argent. Il a aussi mentionné que le Luxembourg a récemment interdit aux banques et aux institutions financières toute transaction en rapport avec les personnes et organisations soupçonnées de terrorisme. Suite à des vérifications avec les autorités américaines, aucun lien réel entre les acteurs de la place financière et des terroristes ou leurs financiers n’a pu être établi à ce jour au Luxembourg, a précisé M. Wurth.
M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a déclaré que toute attaque terroriste, quelle qu’elle soit, devait être considérée non seulement comme une attaque contre des personnes innocentes, mais aussi comme une menace pour la stabilité des Etats et pour la paix et la sécurité internationales. A cet égard, son pays se joint aux autres nations pour condamner le terrorisme sous toutes ses formes et pour soutenir la mise en œuvre de la résolution 56/1 de l’Assemblée générale. Ce défi ayant une dimension mondiale, il faut s’assurer que la réponse à apporter se fasse dans le cadre des lois internationales, a déclaré le représentant qui souhaite que, dans ce combat, les Nations Unies jouent un rôle de premier ordre. Le représentant s’est prononcé en faveur d’une action concertée et a apporté son soutien à la Déclaration sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international adoptée par l’Assemblée générale en 1994, ainsi qu’à la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité. Le représentant a salué la proposition de convention globale sur le terrorisme international soumise par l’Inde. Il a émis l’espoir que ce projet de convention, en cours de négociation, puisse être bientôt finalisé. L’adoption rapide et l’entrée en vigueur de cette convention donneront un élan à la communauté internationale dans sa lutte contre le terrorisme, a estimé M. Kittikhoun, et fourniront un cadre juridique important pour les actions nationales et internationales de lutte contre ce fléau. Un pays seul, riche et puissant soit-il, ne peut lutter de façon efficace contre ce phénomène, a conclu le représentant, soulignant la nécessité pour la communauté internationale tout entière d’unir ses efforts pour le vaincre.
M. SIMON P. RICHARDS (Dominique), s’exprimant au nom des Etats membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a regretté que le terrorisme parvienne à exploiter les structures mêmes de la démocratie pour infiltrer ses infrastructures et provoquer des désastres humanitaires et économiques. Estimant que les résolutions 1368 (2001) et 1373 (2001) du Conseil de sécurité constituent des avancées dans l’élaboration d’une approche unifiée et affirmant le soutien de la CARICOM à leur application, le représentant a enjoint la communauté internationale à continuer dans cette voie en renforçant la capacité des Nations Unies afin
d’éradiquer ce fléau par le biais de la coopération internationale. Il importe d’adopter des mécanismes de prévention et d’élaborer une stratégie globale et multidisciplinaire, qui s’emploie à identifier et à éliminer les causes et les sources du terrorisme qu’elles soient politiques, sociales ou économiques. Le représentant a ensuite affirmé son plein appui aux travaux du Comité spécial chargé de l’élaboration d’une convention générale afin que la communauté internationale puisse s’engager rapidement dans sa lutte contre ce fléau. Dans la même optique, il a fait part des efforts des pays de la CARICOM pour lutter contre la criminalité transnationale organisée, notamment le trafic illicite d’armes légères, le trafic de drogues et le blanchiment d’argent. S’inquiétant des conséquences à long terme, M. Richards a jugé important de ne pas se laisser paralyser par la peur et de montrer un front uni pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes.
M. U KYAW TINT SWE (Myanmar) a déclaré que les dangers que pose le terrorisme n'ont jamais été aussi évidents. Nous partageons l'idée selon laquelle il s'agit d'un acte de barbarie perpétré contre la civilisation même. Nous nous opposons résolument au terrorisme sous toutes ses formes. Le code pénal, la peine capitale pour certains crimes ainsi que d'autres textes de loi constituent à Myanmar une solide base juridique pour lutter contre le terrorisme. Toutefois, le terrorisme est un phénomène international qui exige une réponse conjointe de la communauté internationale. A cet égard, nous nous félicitons de l'adoption de plusieurs résolutions au sein des Nations Unies. Le terrorisme international constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales et, par conséquent, les Nations Unies doivent jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre ce phénomène. Pour faire face aux nouvelles circonstances, nous devons renforcer la capacité des institutions des Nations Unies à mieux répondre au terrorisme. Il n'y a pas de justification au terrorisme mais nous reconnaissons néanmoins que le terrorisme se nourrit de la pauvreté. L'élimination de la pauvreté pourrait constituer une mesure efficace de lutte contre le terrorisme.
M. MOCTAR OUANE (Mali) a indiqué qu’au-delà de leur caractère tragique, les événements du 11 septembre rappellent en vérité la fragilité du système international face à la menace à la paix et à la sécurité internationales que représente le terrorisme international. A cet égard, le Mali s’est félicité du travail remarquable accompli par le Comité spécial créé par la résolution 51/210 pour l’élaboration d’une convention générale sur le terrorisme et d’une convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, et de l’examen de la convocation d’une conférence internationale face au terrorisme.
Le Mali a plaidé pour une coopération internationale accrue dans le cadre d’une stratégie globale et concertée. Cette stratégie commande notamment aux Etats qui en ont les moyens de venir en aide aux pays en développement pour le renforcement des capacités de ceux-ci dans leurs efforts individuels de lutte contre le terrorisme. Le Mali s’est félicité de l’adoption de la résolution 1373 du Conseil de sécurité, qui place l'Organisation des Nations Unies au premier plan de la lutte contre le terrorisme. C’est également une importante étape dans la prise de conscience de la communauté dans la lutte contre le terrorisme, car elle contraint notamment les Etats à priver les réseaux et groupes terroristes de pays d’accueil, de soutien financier et logistique. Le Mali a pleinement appuyé la proposition tendant à la convocation, sous les auspices des Nations Unies, d’une conférence de haut niveau en vue d’élaborer une riposte organisée et concertée au terrorisme international, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations.
Mme DOROTHY D. THUNYANI (Malawi) a souscrit aux déclarations des délégations qui ont invité la communauté internationale à faire campagne contre le terrorisme en recourant aux traités internationaux existants pour lutter contre ce fléau. Le Malawi a aussi apporté son appui à l’adoption de deux nouvelles conventions, soit celle sur le terrorisme en général et la seconde portant sur le terrorisme nucléaire. De la première, présentée à l’initiative de l’Inde, Mme Thunyani a dit qu’elle élargira la portée des conventions antiterroristes existantes. Elle a exprimé le souhait que les membres de la Sixième Commission, où cette convention sera négociée, sauront mettre de côté leurs différends qui pourraient en empêcher l’adoption. Elle a conclu en réaffirmant le soutien total du Malawi pour pourchasser, avec un mandat de l’ONU, ceux qui ont perpétré les attaques terroristes contre les Etats-Unis, ainsi que les autres efforts de lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations.
M. MOVSES ABELIAN (Arménie) a qualifié les attaques terroristes de crime contre toutes les nations pacifiques et démocratiques ainsi que contre l’idée même de coexistence pacifique. Les auteurs, les organisateurs et les soutiens de cet attentat doivent être présentés à la justice par tous les moyens, a insisté le représentant. Même si la première résolution adoptée au cours de la présente session de l’Assemblée générale concernait la situation tragique du 11 septembre dernier, elle témoigne toutefois par son caractère unique de la détermination de la communauté mondiale à combattre et éradiquer le terrorisme. L’Arménie salue l’adoption de la résolution 1373 (2001) par le Conseil de sécurité qui fournit un mécanisme efficace de lutte contre le terrorisme. Le fait que le terrorisme trouve asile dans certains pays rend la lutte particulièrement difficile, a déclaré le représentant. Les Nations Unies pourraient jouer un rôle très positif en encourageant les Etats Membres à échanger des informations sur les terroristes et leurs réseaux. Elles pourraient aussi donner un accent antiterroriste à des mécanismes existants, notamment dans le domaine des armes légères, du commerce illicite des armes, du contrôle de la drogue et de la prolifération nucléaire. M. Abelian a insisté sur la menace que présenteraient les terroristes s’ils avaient accès aux armes de destruction massive, nucléaires, biologiques ou chimiques. A cet effet, il a jugé impératif que tous les Etats Membres renforcent leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et respectent les principes des 12 conventions et protocoles internationaux consacrés à ce sujet.
Le représentant a regretté que cette année, proclamée Année internationale du dialogue entre les civilisations, soit centrée sur le terrorisme. Mais la leçon que nous pouvons tirer aujourd’hui, a-t-il expliqué, c’est que la politique et les opérations militaires peuvent permettre de traduire en justice les responsables des attaques terroristes, mais elles ne peuvent puiser dans les causes mêmes de ces actes. C’est à ce niveau que des initiatives telles que le dialogue entre les civilisations peuvent se révéler efficaces, à condition qu’elles arrivent à toucher l’homme de la rue.
Rappelant que cette année, l’Arménie célèbre le 1 700ème Anniversaire du christianisme en tant religion d’Etat, le représentant a souligné que les idéaux des grandes valeurs humanistes se retrouvent dans chaque religion, et que les Nations Unies doivent tout faire pour empêcher la diabolisation de certaines populations ou religions. L’ONU doit aussi redoubler d’efforts dans les domaines de l’économie et de la lutte contre la pauvreté, a déclaré M. Abelian, et les pays donateurs peuvent tout autant lutter contre le terrorisme en fournissant une aide financière aux plus pauvres, qu’en envoyant des forces armées dans les zones concernées.
M. TUILOMA NERONI SLADE (Samoa) a estimé que le terrorisme pose une grave menace à la démocratie et constitue une violation des droits de l’homme et des droits au développement économique et social. Le terrorisme est l’antithèse même du respect de l’ordre social et des libertés fondamentales. Il est rendu d’autant plus dangereux par le fanatisme qui l’anime, sa nature polymorphe et la sophistication des armes actuelles. Le représentant a rappelé que les attaques du 11 septembre dernier portent atteinte au droit international ainsi qu’à la paix et à la sécurité. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, la communauté internationale doit s’employer à élaborer une stratégie conjointe, sous l’égide des Nations Unies, dans laquelle tous les Etats doivent s’engager et prendre les mesures qui s’imposent. Toutefois, le représentant a appelé la communauté internationale à ne pas confondre les civils innocents et les coupables de ces crimes atroces.
Le représentant s’est ensuite attaché à montrer les liens qui existent entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Ainsi, il importe de lier la lutte contre le terrorisme à la lutte contre la criminalité et le trafic d’armes légères. Il convient également de s’employer à mettre fin aux conflits, à éradiquer la pauvreté et endiguer l’ignorance qui nourrissent la violence et l’extrémisme. Avant tout, il faut s’employer à faire respecter le droit international et condamner sans équivoque ces actes moralement inacceptables. Dans cette optique, le Statut de la Cour pénale internationale devrait entrer rapidement en vigueur et donner compétence à la Cour pour juger des actes terroristes, qui devraient être assimilés à des crimes contre l’humanité. M. Slade a ensuite joint sa voix aux nombreux appels en faveur de l’élaboration d’une convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire et d’une convention générale sur le terrorisme international.
M. SERBINI ALI (Brunei Darussalam) a exprimé les condoléances de son pays aux familles des victimes de l'attentat du 11 septembre. Nous condamnons fermement tout acte de terrorisme. Il est important que la communauté internationale travaille de concert à l'élimination de toutes les formes de terrorisme en renforçant les liens de coopération mais tout en respectant un délicat équilibre. L'emploi de la force ne devrait être invoqué qu'en dernier recours et devrait tenir compte des conséquences humanitaires. Un sentiment d'urgence doit nous animer, a ajouté le représentant. Nous souhaitons que le Comité ad hoc chargé d'élaborer une convention internationale contre le terrorisme progresse davantage. Cette convention nous permettrait de disposer d'un cadre adéquat pour nos efforts de lutte contre le terrorisme. Brunei Darussalam a adhéré aux 6 conventions relatives au terrorisme et entre dans la dernière étape vers l'accession à la Convention sur la suppression des attentats terroristes à l'explosif. Nous avons également mis en œuvre des mesures pour lutter contre le financement du terrorisme et notamment le blanchiment d'argent.
M. AGIM NESHO (Albanie) a condamné fermement les attentats terroristes du 11 septembre dernier qui constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales, et il a demandé que leurs auteurs soient immédiatement traduits en justice. Il a rappelé que le Premier Ministre albanais, M. Ilir Meta, avait offert aux Etats-Unis et à l’Union européenne d’utiliser non seulement son territoire et ses bases militaires mais aussi toutes les infrastructures et les ressources nécessaires à leur lutte contre le terrorisme. Les Nations Unies disposent des ressources nécessaires pour jouer un rôle central dans la lutte contre le terrorisme, a déclaré le représentant, qui soutient l’adoption du projet de convention globale contre le terrorisme international, actuellement en cours de
négociation. L’Albanie soutient aussi fermement les résolutions 1368 et 1373 adoptées par le Conseil de sécurité. Le représentant a toutefois précisé que la lutte contre le terrorisme ne devait en aucun cas être utilisée pour justifier les positions des pays qui ne respectent pas les droits des citoyens ou les principes de la démocratie. L’Albanie a déjà adopté un arsenal juridique complet concernant le terrorisme, a indiqué M. Nesho, et ses autorités policières et judiciaires ont établi une coopération fructueuse pour lutter contre les trafics illicites avec leurs homologues des pays voisins, de l’Union européenne et des Etats-Unis. En tant que pays des Balkans, l’Albanie est prête à fournir son assistance à toute initiative régionale ou européenne pour éradiquer le terrorisme et ses organisations.
M. RAVAN FARHADI (Afghanistan) a rappelé que les attaques du 11 septembre dernier avaient été précédées, le 9 septembre, par l’assassinat du commandant Massoud, leader des forces de l’Afghanistan libre. Cet assassinat avait été orchestré, probablement, par Ossama ben Laden. Pour en donner une preuve supplémentaire, le représentant s’est indigné de la politique menée par le Pakistan depuis 1992 qui a transformé l’Afghanistan en un repère de terroristes. Il s’est inquiété du récent volte-face du général Musharraf qui n’a commencé que très récemment à qualifier d’extrémistes les religieux qui soutiennent les Taliban et le héros de leur «jihad» –ou guerre sainte-, Ossama ben Laden. Le représentant a fait valoir que la politique hégémonique du Pakistan avait fini par le conduire dans une impasse et par mettre en danger les Pachtounes du Pakistan. Il a rappelé que cette situation n’est pas nouvelle et avait été maintes fois dénoncée par les résolutions des Nations Unies qui ont souligné la présence de combattants étrangers en Afghanistan. Les camps terroristes installés en Afghanistan n’ont pas pour seule tâche de tuer des Afghans, mais mènent également des actions au Cachemire et dans d’autres pays. Le représentant a déclaré qu’il fallait considérer comme des criminels les membres du Gouvernement pakistanais, les décideurs de l’ISI et tous ceux qui ont contribué à installer les Taliban dans la région et à forger l’alliance avec Ossama ben Laden et les groupes religieux extrémistes du Pakistan. En outre, les pays, les individus et les cercles mercantiles qui ont contribué à la création de ce monstre dans la région doivent également être tenus responsables de leurs actes. M. Farhâdi a fait savoir qu’il y aurait quelque 8 000 «volontaires» pakistanais envoyés par les services de renseignements du Pakistan (ISI) pour combattre aux côtés de ben Landen et des Taliban.
Le représentant a ensuite précisé à l’Assemblée générale que les Taliban n’avaient pas participé à la guerre d’indépendance de l’Afghanistan contre l’Armée rouge entre 1979 et 1989 et qu’ils ne représentaient en aucun cas la nation afghane, ni même les Pachtounes, mais avaient été imposés par une puissance étrangère. Personne ne doute plus aujourd’hui du fait que les Taliban veulent faire remonter l’Afghanistan au Moyen-âge ni des mauvais traitements qu’ils font subir aux femmes et aux enfants. Il a ensuite tenu à faire savoir à l’Assemblée qu’il n’y avait pas de majorité ethnique en Afghanistan. Les Pachtounes et les Tadjiks ne constituent, respectivement, pas plus d’un tiers de la nation et coexistent avec de nombreuses autres minorités comme les Hazaras, les Ouzbeks, les Turkmènes et les Baluchs. Ainsi, un régime politique qui ne reposerait pas sur une large base représentative ne saurait se maintenir en Afghanistan comme l’ont stipulé les résolutions du Conseil de sécurité. En outre, il a fait valoir que toute la région bénéficierait d’un Afghanistan stable et en paix, y compris le Pakistan.