EPISODE 3/24
Quand j'avais l'âge de treize ans , moi et ceux de mon âge on faisait assez souvent des pique-nique aux alentours de la ville.Le matin de bonne heure, on se donnait rendez-vous tout près de chez moi.Chacun de nous apportait des provisions avec lui .La grande majorité était des pauvres .Aussi pas étonnant que dans leur sacoche il n' y avait que du pain et des olives ; quelques fois des œufs durs .Cependant , sortir à l'air pur nous donnait un appétit d'ogre.A tel point qu'on mangeait tout sans laisser une seule miette!
Je me souviens ,un jour, un de nos amis s'attarda quelques minutes.On était fâché de l'attendre .Aussi quand il arriva, nous nous étions explosés de colère contre lui .
Lui, il ne cessait de sourire .Quand notre crise avait pris faim , il nous avait dit tout simplement qu'il avait une grande surprise pour nous .Chacun de nous avait l'air penaud .Aussi, aucun de nous n'avait eu l'audace de lui demander ce que c'était cette surprise.Alors, nous avons pris le chemin vers Sidi Yahya.Ceux qui habitaient Oujda dans les années 70 , vous diront que notre ville était entourée de verdures , surtout la direction vers la frontière avec l'algérie.Les quartiers à proximité de la ville était connus: vers l'ouest, il y avait Oued Ennachef ; vers l'est Boudir ; vers le nord ,le quartier de coulouche ;enfin vers le sud le quartier de Ch3ouf .
Donc, au printemps tout était vert : champs et arbres .Alors, on traversait les espaces verts tout en arpentant des sentiers qui zigzagaient comme un serpent .Je crois bien que le fait de marcher sans savoir le nombre de kilomètres traversé faisait de nous des aventuriers .Parce que , voyez-vous mes amis, il nous arrivait de nous retrouver dans des endroits qu'on n'imaginait pas les atteindre aussi facilement ou tout simplement des lieux qui n'étaient pas dans le programme de l'excursion.Tenez, un jour on s'était retrouvé dans un patelin en Algérie ; une autre fois , on avait dépassé Sidi M3afa de quatre kilomètres .Toutefois , on ne se plaignait jamais de marcher .
Il nous arrivait aussi d'être attaqué par une hordes de sauvages .Bien entendu, nous nous battions comme des lions .
Je me souviens ,un jour nous fumes attaqués dans les environs de Oued Is** .On était allé là-bas pour pour attraper des grenouilles et des têtards pour un Espagnol qui nous donnait une grande somme d'argent pour nos trophée.Soudain, nous étions encerclés par une bande d'environs trente personnes.On peut dire que nous étions faits comme des rats.Les combattre était de la folie .Prendre la fuite était tout à fait impossible.
Donc, chacun de nous se résignait sur son sort.Au fait , nous étions 7 personnes en tout.
Le chef s'approcha de nous en ne cessant de ricaner .Il avait des dents assez dorées pour constater que sa bouche n'avait jamais connu l'usage du dentifrice .Aussi je vous déçois si je vous dis qu'il ne riait pas jaune, celui-là!
Il nous dévisagea longuement ; puis il s'approcha de l'un de nous.La dite personne tremblait comme une feuille Aussi, quand le gaillard attrapa notre ami par le col de la chemise , il fut surpris par des êtres tres minuscules qui l'attaquaient .Le Mastodonte qui ne s'attendait certes pas à cette invasion lança un cri , pas d'attaque mais de détresse .Soudain, on le voyait qui dansait tout en ne cessant de crier .Paniqués, les autres se dispersèrent comme une poignée de graines dans la main d'un cultivateur entrain de semer sa terre.
Ah les amis si vous avez vu ce tohu-bohu: ça se bousculait, ça criait,ça jacassait ça courait...c'était comme une assemblée de mouches dans une crotte de cheval qui soudain se voit piétiner par un campagnard avec son âne!
Vous l'avez sûrement deviné , les petites grenouilles cachées sous la chemise de notre ami.Le pauvre ne possédait pas de poche.Même , s'il en possédait , il les laissait pour d'autres usages .Donc, comme ces amphibiens avaient besoin de changer d'air , ils décidèrent de faire la belle.Le hasard voulait qu'il venaient tout juste de changer de chemise!
Pour revenir à notre compagnon, il était aussi vert qu'un billet de cinquante dirhams.Quand, les envahisseurs avaient débarrassé le plancher, on constata qu'il avait pissé sur ses frusques.Pas étonnant les amis , il n'aurait pas mieux fait!
A suivre....]0