La corniche
Souvent, quand la douleur déchire sans merci,
Mon âme regrettant les heures fugitives,
je m'en vais, sombre et seul, portant un lourd souci
Que rugissent en moi de graves voix plaintives.
Et la beauté qui pleut d'un formidable azur
Et la douceur qui pousse aux flancs de Za*, le fleuve
Ne sont à mon regard saisi d'un rêve obscur
Qu'un vain décor frappé d'une maudite épreuve
Voilà que je m'arrête au rocher éternel
Où je reviens sans cesse en pareils états d'âme
Je revois des souvenirs que le Temps criminel
de plus en plus éloigne et que, moi, je réclame
Le soleil doucement s'éteint à l'horizon.
Je ramasse mon mal, ma peine et mes déboires
et prenant le chemin vers ma douce maison
Je vois en frissonant beaucoup d' âbimes noires
novembre 1993
Oued Za: fleuve qui passe par Taourirt et qui débouche sur le Moulouya