salam si Khalid
le conte, qui est un genre universel, est un mode de communication spécifique. Avant de découvrir ses potentialités académiques et théoriques, il jouait le rôle de dépositaire d'expériences humaines qui lui garantissaient sa fonction de socialisation: les grands, en effet, l'utilisaient pour faire passer des messages, pour véhiculer des valeurs éducatives, pour inculquer aux jeunes des conduites, etc...
Il opérait ainsi, jusqu'au jour où Vladimir Propp, un russe, écrit un livre qu'il intitule "Morphologie du conte" vers 1927 dans lequel il avance que le conte est universel dans sa structure et dans ses fonctions et que tous les contes du monde s'inspirent d'une source commune, d'où l'identité de plusieurs motifs et épreuves ( animalisation, parcours inititique des héros, re-hominisation, etc.
Vers les années 1970, la sémiotique aussi allait s'intéresser aux contes, et on le soumet à des études formelles et discursives, qui, si elles ont éclairé beaucoup de zones d'ombre dans cette expression populaire, n'ont pas moins tué cet esprit énigmatique, oral, éducatif, humain des contes; c'est ce qui allait se repércuter négativement sur l'introduction du conte dans les programmes scolaires: on s'intéresse plus à l'application des modèles théoriques de Greimas, de Courtés, de Propp qu'à la beauté et la spiritualité du conte.
Dans ce même ordre d'idées, puisque le conte est un produit anonyme qui refléte des traditions et des pensées, je pense que son traitement en classe ne devrait pas se limiter à des études formelles et structurelles, mais devrait se focaliser sur la morale, sur l'oralité, sur l'expérience humaine qui s'en dégage...
Un conte est fait pour être narré, selon des rites spécifiques. il est donc essentiel, si l'on veut motiver les élèves, de recréer les conditions de reception propres à un conte: lecture expressive, voix adaptée, ton adéquat. il est primordial également de ne pas traiter le conte comme on étudie un autre type de texte (écrits fonctionnels, textes non fictionnels, ...).
PS. la source comune aux contes est une version grecque intitulée Vénus et Psyché (on peut y déceler beaucoupo de recoupements avec les contes connus et qui sont cités supra par M. Khalid), ....