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A chaque fois que je lis votre témoignage douleureux,je ressens l'amertume et l'angoisse.Comment une maman sensible et affectueuse peut s'acquitter parfaitement de son travail et les conditions laissent énormément à désirer:un petit bout de chou loin du sein maternel et une femme loin d'une chaleur humaine de son époux,qui plus est,le bébé est elevé par une bonniche qui a un seul et unique souci:l'argent qu'elle soutire à une mère livrée à elle même.Ou dans les meilleurs des cas,ce petit est élevé par une proche en contrepartie d'une somme d'argent versée mensuellement,et peut-être une somme conséquente car le conjoint de cette pauvre mal lotie est un fonctionnaire.Puisque vous disposez de deux mandats,il faut se donner à fond pour éduquer et nourrir ce petit.Vous êtes entre l'enclume et le marteau.Quelle tristesse!je ressens une immense angoisse,quand j'apprends à travers la lecture de votre histoire émouvante,que vous vivez au sein d'une région où l'insécurité est monnaie courante,le viol et la violence font partie du lot quotidien d'une femme esseulée et souffrante,et pour cause selon les dires de votre directeur:"vous êtes une étrangère.Quel gâchis!quand on se retrouve assailli par une kyrielle de problèmes et que la solution qui mettra fin à ce périple infernal tardera à se profiler à l'horizon.Que dieu le tout puissant vous offre la force et l'énergie pour supporter ce fardeau très lourd |
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Merci Khalid pour ton soutien moral. Vous savez, ce qui est difficile dans tout ça est que je n'ai pas choisi l'enseignement par amour, j'ai passé des années de ma vie à excercer plusieurs métiers à temps partiel pour me batir: j'ai obtenu mon bac technique en conception et batiment en 1998, un diplome en stylisme et modélisme en 1999, un diplome en informatique et un bac scientifique en 2002, un bac en lettres en 2003. A cause des souffrances du travail dans le privé j'ai décidé de faire des études universitaires en français. A travers la littérature française, je me suis enfin retrouvée: un monde de littérature, de mythologie, d'arts... je ne voulais qu'obtenir mon doctorat en littérature. J'ai eu le premier prix dans la 2ème année et des cadeaux et j'ai eu le respect de mes amies et ma famille qui, tous m'avaient lachée face à mes souffrances durant des années. J'étais au bout de la joie mais ça était si court, je devais travailler pour subvenir aux dépenses des études (navette, rapports, exposés etc). J'ai fait le CPR à Rabat et j'ai commencé à aimer ce futur métier en me disant qu'un jour j'aurais suffisement d'argent pour continuer mes études et réaliser mes reves. A la fin de l'année pédagogique, un autre problème s'est posé, je dois me marier pour que ce mari prend en charge la première année du travail puisque je ne recevrai mon salaire qu'après de longs mois..... En un laps de temps, je me suis trouvée, mariée, et avec un enfant loin de la civilisation, loin des universités, loin des bibliothèque, ni cyber, ni rien...Passer des années à faire apprendre le français à des élèves analphabètes est terrible, j'ai commencé à oublier mon français, à oublier les écrivains que j'adorais et leurs oeuvres, à oublier ma formation qui n'a rien à voir avec le vécu.Pour etre sincère, je suis complètement déçue. Je prie Dieu jour et nuit de me faire une sortie de cette région pour pouvoir enfin respirer la civilisation. Merci Khalid pour votre attention, c'est comme si je parle à mon frère, il s'appelle Khalid.