Un fémur et 3 tibias ont été utilisés comme percuteurs
D’autres preuves du cannibalisme de Neandertal avaient déjà été trouvées en France dès 1999 , sur le site de Moula-Guercy (Ardèche), puis sur celui des Pradelles (Charente). En Espagne, les restes découverts dans les grottes de Zafarraya et d’El Sidron montrent également qu'Homo neanderthalensis ne dédaignait pas la chair de ses congénères. Mais c’est la première fois que cette pratique est également attestée sans ambiguïté au nord de l’Europe, même si le site de Spy, toujours en Belgique le laissait déjà supposer. Mais il y a plus : les traces d'usure et de chocs de quatre des os analysés montrent que les néandertaliens utilisaient les restes des défunts comme des outils. Un fémur et trois tibias ont été utilisés comme percuteurs doux pour façonner des outils de pierre. De manière similaire, les hommes préhistoriques utilisaient fréquemment les os des animaux pour des opérations de débitage. C’est la première fois qu’un si grand nombre d’ossements humains retouchés pour servir d’outils sont découverts dans un même site. On en sait peu en revanche sur la façon dont les quatre adolescents et l'enfant cannibalisés sont morts. Les ossements ne permettent pas de dire s’ils ont connu une mort violente, sont décédés naturellement ou de maladie. La question de savoir s’il s’agissait d’un cannibalisme de disette ou d’un cannibalisme rituel reste ouverte.